Entrée en vigeur le 1er janvier 2022, la taxonomie européenne désgine la classification des activités économiques ayant un effet positif sur l’environnement. 

L’objectif de cette dernière est d’orienter stratégiquement les décisions d’investissements en direction des activités « vertes ». 

En elle-même, la taxonomie n’est pas assujettie aux critiques les plus virulentes, ce sont plutôt les activités économiques ou énergies dans cette classification qui peuvent faire l’objet de débats houleux.

C’est en effet le cas pour le nucléaire et le gaz qui ont intégré cette classification, étant alors classés comme compatibles avec le Plan Vert de l’Union européenne à sa taxonomie durable.

De cette intégration du nucléaire et du gaz a fait émerger une Union européenne fragmentée, divisée, polarisée économiquement et politiquement.

Ainsi, la taxonomie européenne est devenue un sujet de controverse, de débats quant à son ambiguïté, où certaine personne voit en elle un avantage économique et financier non-négligeable pour certains pays, plutôt qu’un réel vecteur de progrès et d’avancements en direction de la neutralité carbone prévu pour 2050.

Dès lors, faut-il considérer la taxonomie comme un cap précurseur vers la transition écologique ou bien comme un vecteur de conflits d’intérêts ? 

I) Dans quelle mesure la taxonomie européenne du gaz et du nucléaire permet-elle de réelles avancées ?

La Commission européenne, de part cette décision s’est attiré les foudres de certains pays européens et des Organisations Non Gouvernementale (ONG). 

Cependant, la Commission appelle au pragmatisme et admet directement que ni le nucléaire, ni le gaz « ne sont verts ou durables ».

Toutefois, il ne faut diaboliser le gaz et le nucléaire et en détourner les fonds privés qui visent à alimenter la taxonomie dans la mesure où les énergies vertes ne suffiront pas rétorque la Commission européenne.

C’est alors pourquoi, on retrouve bien le nucléaire et le gaz dans la taxonomie, mais dans une sous-catégorie « d’énergie transitoire » dotée de garde-fous.

C’est ce que la Commission européenne appelle faire preuve de pragmatisme en rappelant que « le gaz et le nucléaire peuvent faciliter la transition » et que, «nous devons utiliser tous les outils à notre disposition , car nous avons moins de trente ans pour y parvenir » a déclarée Mairead Mcguinness , commissaire aux Service financiers . 

Comme nous venons de le voir, le pragmatisme et de rigueur.  Effectivement selon la Commission, le gaz et le nucléaire ne sont « verts ou durables » mais alimentent les investissements privés en direction des énergies vertes de manière transitoire.

II) Toutefois, la taxonomie n’est elle-pas vecteur de conflit et de conflits d’intérêts ?

L’une des critiques les plus fréquentes faites à l’inclusion du gaz et du nucléaire dans la taxonomie est que cela favoriserait certains pays dans l’Union Européenne au détriment des autres.

En premier lieu, il est important de souligner que l’inclusion de ces deux énergies est une victoire pour la France, qui mène un intense lobbying en faveur de l’atome à l’heure où elle entend entamer une relance dans la construction de réacteurs.

Mais des pays comme l’Autriche, l’Espagne, le Danemark, l’Allemagne ou encore le Luxembourg ont affirmé farouchement leur opposition fin janvier 2022 à Amiens lors.

L’Allemagne avait aussi envoyé un avis à la Commission concernant l’intégration du nucléaire en s’y opposant de manière radicale mais elle n’a pas dit expressément non à l’intégration du gaz dans la mesure où cette énergie est O combien importante pour elle dans les années à venir.

D’ailleurs, l’Allemagne devrait avoir gain de cause. En effet, dans le nouveau texte en vigueur, la contrainte imposée est toujours d’avoir complété la transition en 2035 ; mais les objectifs intermédiaires (au moins 30% de gaz renouvelable et 2026 et 55% en 2030) ont disparu.

Autrement dit, Berlin et l’industrie du gaz verraient s’éloigner les contraintes court terme.

Également, le Luxembourg affirmait que la Commission serait tombée dans « l’abus de pouvoir ».

Ainsi, si nous admettons que l’inclusion du gaz et du nucléaire permet d’alimenter les fonds de la taxonomie, il faut admettre que derrière cette inclusion, se cachent des enjeux économiques et financiers important ce qui explique pourquoi La France et l’Allemagne sont aux antipodes sur ces questions . Cela explique également pourquoi le Luxembourg s’y opposent très fortement.

III) Finalement, n’est-elle pas la prémisse nécessaire qui combine intérêts économiques et financiers aux enjeux environnementaux ?

La taxonomie est en soit l’origine, le début nécessaire à l’orientation stratégique des investissements vers des énergies dites « vertes ». Fondamentalement, la taxonomie regourpe ces énergies vertes en les classant selon un ordre précis.

Si le gaz et le nucléaire n’avait pas été intégré à cette taxonomie, cette dernière n’aurait pas été sujet à controverse de manière aussi prononcée.

Cependant, et à en croire la Commission Européenne, l’intégration de ces deux énergies, ne serait que transitoire et accélèrerais la transition dans la mesure où elle attirerait les investissements privés vers les énergies dites « vertes ».

D’ailleurs, et suite à cette décision d’inclusion, les banques ont obtenu un permis pour financer le gaz et le nucléaire ce qui peut alors servir de véritable tremplin à l’orientation des investissement privés en direction des énergies renouvelables.

Dès lors, il serait possible de dire que l’intégration du nucléaire et du gaz est le lien nécessaire entre les intérêts économiques et financiers avec les enjeux environnementaux.

Toutefois, cette affirmation ne dépend du côté où l’on se place.

Effectivement pour des ONG tel que Reclaim Finance, la taxonomie devient alors un « standard de greenwashing » affirme Lucie Pinson. Elle appelle alors les acteurs français et européens à adopter leur propre standard d’exclusion, du gaz et du nucléaire afin qu’ils soient plus sévères que la taxonomie.

Pour conclure, l’inclusion du gaz et du nucléaire dans la taxonomie accélèrerais la transition quant à l’attractivité sur les marchés de ces deux énergies. Toutefois, il est possible d’admettre que ces deux énergies n’ont pas été nommé par hasard et que derrière cela, se cachent d’importants enjeux économiques et financiers ainsi que des questions de leadership.