Désormais de plus en plus connus des investisseurs, les critères ESG (Environnementaux, Social et de Gouvernance) sont de plus en plus intégrés au sein des entreprises et cela s’explique en partie par l’accroissement des défis environnementaux auxquels nos sociétés sont confrontées. En investissant de manière plus responsable grâce à ces critères, entreprises comme investisseurs s’alignent dans la trame du « investir de manière responsable ». Cependant, malgré des lois et des accords (l’Accord de Paris étant le principal accord traitant sur ce sujet) imposant aux entreprises de se soucier de l’environnement, de l’axe social et de gouvernance de leur fonctionnement, la Bourse de Paris n’était pas encline à s’aligner sur cette nouvelle dimension de la finance. C’est la raison pour laquelle le CAC 40 a du être adapté à ces critères dits ESG sans pour autant pénaliser les entreprises. Ainsi, quelle est la place de la finance responsable au sein de la Bourse de Paris ? 

Afin de faire converger critères ESG et bourse, Euronext, associé à Vigeo Eiris une agence de notation sociale et environnementale, a mis en place, le 22 mars 2021, une nouvelle version du CAC 40 nommée CAC 40 ESG. Pour ce faire, Euronext a établi un ensemble de critères provenant du label ISR (accordé à 786 fonds français) ainsi que du Pacte Mondial des Nations Unies. C’est donc sur la base de ces critères que les entreprises peuvent, ou non, être rattachées à ce nouvel indice.  

Plusieurs critères sont à remplir afin d’espérer figurer sur la stricte liste des entreprises cotées CAC 40 ESG. Parmi ces critères de sélection, deux sont essentiels. D’une part, les entreprises doivent respecter les critères imposés par ce nouvel indice. Dès lors qu’une entreprise a pour activité principale les énergies fossiles, les armes ou encore le tabac, son intégration ne peut être acceptée. D’autre part, les entreprises sont notées grâce à un score sur cent en fonction d’une quarantaine de critères.  Cette méthodologie prend donc appui sur deux principes : l’exclusion d’entreprises dont les activités sont jugées controversées et la promotion (best in class) de celles adoptant des pratiques respectueuses des critères ESG. Ainsi, « Le CAC 40 ESG intègre les meilleures valeurs les mieux notées sur l’ESG, quel que soit leur secteur d’activité. Cette approche se combine à l’exclusion de certaines activités, comme le tabac, les armes civiles, mais aussi le charbon ou l’exploitation de sables bitumineux. Avec de telles caractéristiques, le CAC 40 ESG répond aux contraintes du label ISR français », se félicite Matthieu Guignard, responsable plateforme produits ETF chez Amundi, qui va également lancer un produit sur le nouvel indice. 

Rudement sélectif, ce nouvel indice boursier compte peu d’adhérents et nombreuses sont les entreprises du CAC 40 n’ayant pas été retenues. Parmi elles, sont recensées Alstom, ArcelorMittal, Dassault-Systèmes, EssilorLuxottica, Thalès et Total. Cependant, Dassault-Systèmes a été écartée de l’indice malgré le développement d’un carburant d’aviation écoresponsable à faible émission de carbone. D’autres entreprises comme VINCI sont critiquées quant à leur présence au CAC 40 ESG. 

En ce qui concerne les entreprises adhérentes à ce nouvel indice, neuf ne font plus ou pas partie du CAC 40 : Accor, Arkema, EDF, Gecina, Klépierre, Sodexo, Solvay, Suez et Valeo. Les autres figurent au CAC 40 telles qu’Airbus, Hermès et Saint-Gobain. 

Qu’en est-il pour les investisseurs ? 
 
Grâce à cet indice, les investisseurs sont plus à même de mesurer l’impact environnemental et social des entreprises dans lesquelles ils souhaitent investir ou investissaient déjà auparavant.  
La composition de l’indice CAC 40 ESG est réévaluée de façon trimestrielle par le comité scientifique d’Euronext en prenant en compte deux critères : la taille du capital flottant (ce qui correspond au nombre d’actions échangeables sur le marché boursier) et le nombre d’échanges enregistrés sur les titres (nombre de titres échangés sur une période donnée). 
Si le but de cet indice est de permettre aux investisseurs particuliers comme institutionnels d’orienter leurs fonds vers des entreprises ayant un profil durable, des entreprises émettrices d’ETF ou fonds indiciels (produit financier dont la valeur suit celle d’un indice boursier) telles qu’Amundi, BNP Paribas AM ou Lyxor ont également communiqué un vif intérêt pour ce nouvel indice et ont décidé de créer des produits ESG grand public. L’indice permet en effet de rendre éligible au label ISR les fonds indiciels qui s’en réclameraient. 

Ainsi, la mise en place du CAC 40 ESG permet aux investisseurs d’avoir un suivi plus concret sur les engagements sociaux, environnementaux et de gouvernance des entreprises dans lesquelles ils souhaitent investir ou investissaient déjà avant l’arrivée de ce nouvel indice boursier. Pour les entreprises, et ce, malgré un avis controversé, cet indice boursier permet de mettre en exergue leurs engagements ESG et de s’efforcer de suivre leur ligne de conduite.  

Merci Beaucoup pour votre lecture, le salon de la finance vous souhaite de agréables bonnes fêtes de fin d’année ! 

Sources :  

CAC 40 ESG : le nouvel indice responsable créé par Euronext (ethicvie.com) 

Bourse : le CAC 40 face au défi de l’investissement responsable | Les Echos